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L’économie française est désormais officiellement à l’arrêt.
Le PIB affiche 0,0 % de croissance au T1 2026 après seulement +0,2 % au trimestre précédent. Le signal est encore plus net avec le PMI composite HCOB/S&P Global, tombé à 47,6 en avril, contre 48,8 en mars, sous le seuil de 50 qui sépare expansion et contraction. L’activité privée en France entame sa troisième année consécutive de récession.
Plusieurs secteurs donnent des exemples concrets de panne : Nexity voit son chiffre d’affaires reculer de 12 % au premier trimestre. La branche immobilière de Vinci baisse de 7 %, Michelin publie des ventes trimestrielles en recul de 5,4 %. Le logement reste grippé, la consommation est prudente, l’industrie continue de reculer.
Sans surprise, la courbe du chômage continue sa hausse entamée en 2023. Le taux de chômage au sens du BIT avait atteint son minimum 7,1% cette année-là. Il est estimé à 8% aujourd’hui (INSEE).
La guerre en Iran a apporté avec elle l’inflation qui remonte à +2,2 % sur un an. La France ne croît plus, mais les prix eux recommencent à croître érodant au passage le pouvoir d’achat de nos concitoyens et les marges des entreprises. La fermeture du détroit d’Ormuz a également eu une conséquence directe pour l’activité de BlueBirds au Maroc. Notre principal client là-bas a revu du jour au lendemain sa politique d’achat de prestations faute de pouvoir s’approvisionner comme à l’accoutumée.
Le gouvernement aurait pu se donner un peu d’air et de rentrées fiscales en autorisant le travail des artisans le 1er mai. Sa nouvelle reculade dit malheureusement beaucoup de ce que nous pouvons attendre de l’action ministérielle des 12 prochains mois : peu, très peu.
En Allemagne aussi, le thème dominant d’avril 2026 est celui d’une économie qui évite de peu la panne.
Le PIB allemand progresse encore de +0,3 % au T1 2026, après +0,2 % au trimestre précédent. Ce chiffre masque la récession de l’activité des entreprises : le PMI composite allemand tombe à 48,3 en avril, contre 51,9 en mars, sous le seuil de 50 qui signale une contraction de l’activité privée. L’indice Ifo du climat des affaires chute à 84,4, son plus bas niveau depuis mai 2020. Le COVID venait alors de s’inviter chez nos voisins.
Cette nouvelle tendance s’illustre dans les grands noms de l’industrie allemande : Volkswagen voit ses livraisons mondiales reculer de 4 % au T1, avec une chute de 15 % en Chine et de 13 % en Amérique du Nord, signe d’une pression simultanée sur ses marchés clés. BASF, symbole de la chimie allemande, voit ses ventes baisser de 3 % et son EBITDA reculer sur fond de prix plus faibles, de change défavorable et de pression concurrentielle.
L’inflation repart aussi à 2,9 % en avril, portée par l’énergie comme partout en Europe.
La France et l’Allemagne ne sont pas des cas isolés. La zone euro affiche +0,1 % de croissance au T1 2026. A 48,6, le PMI flash européen passe sous 50 et indique une contraction de l’activité privée à l’échelle du continent.
Retenez avant tout ceci de cette longue page d’introduction. L’activité privée de l’ensemble de l’UE est en contraction depuis quelques semaines. Nous la craignions dans cette même lettre il y a un mois. Nous y voilà.
Si comme moi vous êtes rivé à LinkedIn, vous n’aurez pas échappé à la frénésie de posts vous proposant une géniale méthode pour vous mettre à l’IA agentique. C’est ce que je retiens du mois passé : le grand public un peu averti entre à son tour dans l’ère de la robotisation. BlueBirds fait ses premiers essais et a quitté ChatGPT au bénéfice de Claude meilleur en à peu près tout.
Pour vous mettre à jour, je vous invite à écouter l’un des derniers épisodes du podcast Silicon Carne. C’est passionnant.
Mesurons-nous la courbe d’innovation dans laquelle toute la planète est prise en ce moment ? Un seul mot me vient à la bouche. « C’est fou. » Les courbes d’adoption aux principales IA génératives n’ont rien en commun avec leurs comparables lors de l’avènement des smartphones, d’internet ou même de Google. Elles sont accessibles dans la version video de Silicon Carne que j’évoque plus haut. Parce qu’elles sont exponentielles, elles vont plus vite que notre capacité à les assimiler. Jacques Pommeraud, PDG d’Inetum, écrivait dans Le Figaro avoir créé son clone IA pouvant s’entretenir simultanément avec l’ensemble de ses 28 000 employés. « Tout n’est pas encore parfait dans cette première version de mon jumeau » me dit Jacques, mais l’anecdote dit beaucoup de ce qui nous arrive en ce moment.
Cette révolution change tout pour les entreprises. Claude Code déséquilibre le modèle économique de milliers de sociétés et rend un incroyable service à d’autres. BlueBirds le vit à sa façon. Certaines tâches qui nous prenaient plusieurs heures nécessitent quelques minutes. Elles étaient essentiellement manuelles et deviennent largement robotisées. D’autres encore qui n’étaient pas envisageables le deviennent. Je pense à certaines actions commerciales.
C’est entre les murs de la maison que j’ai observé les principaux changements. J’ai des jeunes à la maison ou en visio. Ils s’apprêtent à rejoindre le monde du travail et s’inquiètent malgré la qualité de leurs études. La plupart d’entre nous n’a pas vécu ce sentiment au même âge. Nous avions envie d’en découdre, eux se demandent à quelle sauce ils vont être mangés !
J’aidais récemment un groupe d’étudiants de l’ESSEC pour un exposé sur l’introduction de l’IA en entreprise. Avant de conclure, je leur rappelais que certains métiers qui les intéressent aujourd’hui pourraient bien devenir largement automatisés demain pour ensuite les remplacer après-demain. J’ai pris l’exemple d’analyste en banque. Plusieurs banques systémiques ont lancé de tels projets. L’un des jeunes que j’avais en face de moi à l’écran me dit alors : « Mon prochain stage est en analyse crédit dans une grande banque ». Ses copains ont rigolé, mais pas trop tout de même…
Nos jeunes savent pertinemment qu’ils entrent dans un monde que leurs parents ne connaissent pas beaucoup mieux qu’eux. Ils ont pris conscience des risques qui pèsent sur leur carrière alors même qu’elle n’a pas débuté sans pour l’instant vraiment percevoir les opportunités qui s’offrent à eux. Elles sont pourtant bien là, à portée de main sous réserve qu’ils s’y mettent eux aussi. Il faut leur montrer l’exemple. Mettez au point vos propres agents avant qu’eux ne vous montrent les leurs. Cela vous sera utile mais surtout, cela leur donnera confiance.
La folie des nouvelles versions et des nouvelles applications continue donc à un rythme effréné. Côté américain, OpenAI a lancé ce mois-ci GPT-5.5. Meta a dévoilé Muse Spark.
Palantir, qui n’a pas l’habitude de garder sa langue dans sa poche, nous indiquait en mars dernier «The atomic age is ending. One age of deterrence, the atomic age, is ending, and a new era of deterrence built on A.I. is set to begin.» Je crains que Palantir n’ait raison au moins sur un point : l’IA concurrence désormais l’apocalypse embarqué sur un missile. Mais ce que le Groupe américain oublie de préciser, c’est que la technologie de l’arme atomique a été développée par les Etats-Nations. L’IA est, elle, maîtrisée par des sociétés. Qui imaginerait aujourd’hui qu’une société privée détienne l’arme atomique ?
Le cas Anthropic mérite une attention particulière. Le 7 avril, Anthropic annonçait la mise au point de son nouveau modèle Claude Mythos. L’accès à Mythos n’a finalement pas été rendu public. Il a été réservé à des partenaires comme AWS, Apple, Google, Microsoft, NVIDIA, Cisco ou JPMorganChase, ainsi qu’à plus de 40 organisations liées aux infrastructures logicielles critiques. Fin avril, le Wall Street Journal rapportait que la Maison-Blanche s’opposait à une extension plus large de l’accès à Mythos, invoquant des risques de sécurité nationale et de cyberattaques.
Côté chinois, Alibaba a lancé Qwen3.6-Plus début avril, orienté vers les agents réels et le raisonnement multimodal, puis Qwen3.6-Max-Preview quelques jours plus tard. DeepSeek a dévoilé sa V4 en version preview. J’ai récemment découvert Seedance 2.0. C’est génial pour qui s’intéresse à la production de video ou même de film. Les studios de production ne partagent pas tout à fait mon avis et je les comprends. Même musique sur les plateformes d’écoute. En janvier 2025, Deezer indiquait que 10% des nouveaux titres en ligne avaient été générés à partir d’IA. C’est désormais 44%. A cette vitesse, les trois quarts des nouveaux titres de musique seront générés par des robots dans un an seulement. La copie de l’industrie créative est en train d’être entièrement réécrite.
En France, Mistral AI continue de défendre son ambition européenne. Elle est une naine à l’échelle des mastodontes américains et chinois en face d’elle. Surtout, elle couvre une faible partie de la chaîne de valeur de l’IA. Avis aux entrepreneurs en mal de sensations fortes pour se lancer dans les chaînons manquants de l’Europe.
C’est là un enjeu existentiel qui nous attend sauf à vouloir toujours dépendre des Etats-Unis et de la Chine : comment créer une chaîne de valeur complète de l’IA souveraine au niveau européen ? S’il y a un chemin, il passera par les marchés publics européens mais pas par l’Industrialization Acceleration Act (IAA) promouvant pourtant le « Made in EU » par la Commission européenne. Selon l’IAA, une cinquantaine de pays en sus des 27 de l’UE entre dans le champ du Made in EU. Les Etats-Unis en font partie. Soupir.
Pour les dirigeants qui me lisent, la priorité n’est pas seulement de « tenir la récession » en train de s’installer partout en Europe, mais de survivre à une combinaison rare de croissance faible ou négative, d’inflation, de fragmentation géopolitique et d’une rupture technologique sans équivalent dans l’Histoire. Ce qui se joue est bien plus profond qu’un simple cycle baissier.
L’ancien consultant que je suis vous propose une feuille de route de 90 jours que notre équipe et nos 7000 indépendants se feront une joie d’étayer ou de mettre en œuvre.
L’urgence est la protection du cash : revue du cash-flow, réduction du besoin en fonds de roulement, gel des dépenses non critiques, audit des fournisseurs exposés et cartographie des dépendances à éviter — fournisseurs uniques, composants critiques, exposition pays. C’est aussi le moment de classer vos dépenses en trois catégories : vitales, pouvant être différées, à supprimer. Les budgets des projets non stratégiques sont à revoir dans les plus brefs délais. Les dépenses liées aux clients clés, à la cybersécurité, à l’IA et aux talents critiques sont protégées.
Dans les 60 jours, il s’agit de stabiliser et d’accélérer simultanément : couper les projets non essentiels, sécuriser les fournisseurs critiques, renforcer la cybersécurité qui avec l’IA change d’échelle. Et lancer les premiers cas d’usage IA à retour sur investissement rapide.
Dans les 90 jours, je vous invite à revisiter votre plan stratégique : moins de complexité, moins de dépendances, plus d’automatisation, plus de discipline de marge. Et quelques investissements offensifs ciblés — une crise est aussi un moment d’acquisition d’actifs affaiblis.
De grâce, n’abandonnez pas totalement vos projets environnementaux. Comme pour tous les autres, mesurez leur impact.
Les entreprises se contentant de réduire leurs coûts survivront peut-être. Celles qui réalloueront au plus vite leur capital vers l’IA, la résilience et les marchés rentables sortiront renforcées de notre drôle d’époque.
Martin