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Belle et heureuse rentrée !

C’est la rentrée et nous voilà reposés. Je vous raconterais bien volontiers mes vacances et vous les vôtres, mais voilà, il n’y a déjà plus le temps. La finalisation du budget 2026 attend, petits et grands projets n’attendent pas eux. Vos clients non plus.

La rentrée est toujours un moment particulier. Notre tête est souvent dans le rétroviseur mais nos yeux regardent de nouveau droit devant. Cette lettre est d’abord l’occasion de vous souhaiter une belle et heureuse rentrée. Qu’elle soit riche de promesses tenues.

Cette lettre est aussi l’opportunité de vous rappeler que BlueBirds peut vous aider à sécuriser vos projets et à renforcer temporairement vos équipes managériales dont certains membres ont souhaité rester à la plage plus que de raison. Parfois, ils sont encore là-bas malgré eux. Notre offre tech prend une place croissante. Nos activités sont désormais structurées en 3 pôles :

  1. Management de transition (Executive & Middle Management)
  2. Consulting (Finance & Stratégie, Performance & Restructuring, Transformation & Organisation, ESG)
  3. Tech (AMOA, Digital, Data, IA). Nos clients les plus matures développent leurs agents IA. Ceux se lançant dans l’IA découvrent que la data précède l’IA. 

Ces rappels étant partagés, à quoi s’attendre pour cette rentrée ?

Je suis comme vous, je n’ai pas de boule de cristal, mais nous pouvons déjà nous accrocher à quelques indicateurs.

Sur le plan économique tout d’abord, la France a connu une croissance de 0,3% au second semestre. C’était 0,1% au premier trimestre. Son activité privée est quant à elle toujours en décroissance. Cela fait maintenant un an que nous sommes en récession. Avec un indice PMI composite de 49,8 en août (source : Reuters), nous avons frôlé la reprise d’activité pendant l’été. Ne nous attendons à aucun miracle dans le domaine, les conditions à une éventuelle reprise sont loin d’être rassemblées.

Sur le plan social, je retiens deux événements dans ces dernières semaines : l’édition du rapport sur la pauvreté édité par l’INSEE et le projet de décret pour la PPE3.

Le principal message du rapport de l’INSEE n’est malheureusement pas une surprise. La pauvreté augmente en France. En 2023, en France métropolitaine, 9,8 millions de personnes vivaient désormais sous le seuil de pauvreté. Le seuil de pauvreté est fixé par convention à 60 % du niveau de vie médian de la population. Il correspond à un revenu disponible de 1 288 euros par mois pour une personne vivant seule et de 2 705 euros pour un couple avec deux enfants âgés de moins de 14 ans. Il nous faut nous réconcilier avec l’économie. La décrue de la pauvreté en France passera par la hausse de la courbe de croissance aujourd’hui inclinée dans le mauvais sens. Vous et moi, à la hauteur de nos moyens respectifs, nous contribuons à son redressement.

La loi de Programmation Pluriannuelle de l’Energie (PPE3) revient sous forme de décret. Comme la loi, le décret est source de nombreuses critiques. Mais il nous faut une PPE. L’énergie est la mère de notre économie et elle se planifie sur des années, ici la période 2025-2035. Nous avons tous notre point de vue sur son contenu, je ne m’y étendrai pas, je l’ai déjà fait au début de l’été. Je formulerai seulement un vœu : avançons. La préparation de la PPE 3 a débuté dès 2021 et s’est appuyée sur plusieurs vagues de concertation (2022‑2024), impliquant environ 50 000 participants et recueillant plus de 7 500 propositions. Il est temps de conclure.

Sur le plan financier, le CAC 40 a crû de près de 6% ces 12 derniers mois. La bourse s’est montrée peu sensible en août à l’actualité géopolitique pourtant riche de rebondissements. L’indice STOXX Europe TM Aero & Defense en forte croissance depuis le début du conflit en Ukraine a connu une accalmie. Les uns y voient les espoirs de paix. J’y vois personnellement l’accord par l’UE d’acheter à hauteur de 100Md$ du matériel militaire américain financé par les contribuables européens. Sur un strict plan commercial et industriel, cet accord assèche nos capacités de ventes d’armes en Ukraine et dans le reste de l’Europe. Il étouffe la renaissance de la BITD en France. Les ETI et les PME du secteur souffriront bien plus que l’indice des sociétés cotées que je viens d’évoquer.

Mesurons-nous vraiment l’effacement de l’Europe ? Mesurons-nous vraiment la perte de souveraineté de ses Etats Membres ? Mesurons-nous notre propre perte de liberté ? L’absence d’européens aux discussions entre M. Poutine et M. Trump sur l’avenir de l’Ukraine et son soutien par l’Europe est tout à la fois historique et déshonorante.

J’ai toujours observé comme vous le dossier ukrainien en me demandant comment il influencerait notre avenir commun en plus de l’environnement économique et social en France. Je vais devoir y rajouter une dimension personnelle. Ma dernière fille s’installe en Roumanie à quelques kilomètres de la frontière moldave. J’y étais le week-end dernier. Même là-bas, la guerre semble lointaine. Elle est pourtant à deux pas. Les frappes russes contre les ports de Izmaïl et Reni se produisent à quelques kilomètres de la frontière roumaine. L’Intitute of War indique un gain territorial russe sur l’Ukraine de l’ordre de 1200km2 depuis le 1er janvier.

Il est un nouvel indicateur financier que je regarde de plus en plus près : le taux des OAT à 10 ans et le taux de souscription de ces mêmes OAT. Le premier a gagné 30 points de base en 3 mois. C’est son augmentation soudaine et la baisse concomitante du second qui donneraient le signal d’une crise de la dette publique que personne ne souhaite mais que beaucoup maintenant redoutent. Un jour, il faudra que nous évoquions plus longuement les crises de la dette que le Portugal, le Canada et la Grèce ont rencontrées. Les secteurs privés ont été touchés différemment selon les cas.

La rentrée que nous connaissons cette année a cela de particulier qu’elle se place dans un contexte particulièrement tendu politiquement. Notre 1er Ministre tentera de survivre à son poste. Il tentera de faire adopter un budget le plus proche possible d’être rejeté sans l’être. Les chefs d’entreprise ayant défilé dans les différentes commissions parlementaires tenteront eux à la REF et ailleurs de faire oublier à nos élus férus de nouveaux impôts que le soviétisme économique n’a jamais été qu’un moteur à pauvreté. Même la Chine communiste s’est réconciliée avec l’entreprise me rappelait Pierre Gattaz ancien Président du MEDEF dans notre entretien à paraître prochainement dans Histoires d’Entreprises.

Les nuages s’accumulent depuis plusieurs mois sur notre pays. Pourtant, voyez-vous, cette rentrée se passera bien. Peut-être est-ce un effet de mes nouveaux 50 ans rugissants. Peut-être est-ce aussi parce que j’ai encore la tête remplie du bleu de la mer et du ciel.  Peut-être est-ce la sagesse qui rentre enfin. Les humeurs de M. Trump, la folie de M. Poutine, l’invasion des produits chinois, l’aveuglement idéologique de l’UE, les cris de nos parlementaires, notre effacement collectif, l’appauvrissement de notre pays et de nos concitoyens, mes enfants maintenant aux quatre coins du monde, rien de tout cela ne m’atteindra en ce mois de septembre.

Regarder le verre à moitié plein se décide.

Toute guerre prend fin. L’actuel Président américain ne sera pas Président éternellement. C’est vrai aussi pour ses homologues russes et chinois. C’est encore vrai pour la Présidente de l’UE ayant échappé à une motion de censure en juillet dernier. Nous changerons nécessairement de Parlement en 2027, peut-être même avant. A force de voir nos poches se vider, nous finirons immanquablement par nous demander collectivement comment les remplir. Les bonnes questions précèdent toujours les bonnes réponses.

Et mes enfants sont joignables par WA. Les vôtres aussi. N’attendez pas qu’ils vous appellent, appelez-les.

Cela vaut aussi pour vos clients ou BlueBirds. Appelez-les, appelez-nous !

Belle et heureuse rentrée,

Martin